Archives de catégorie : GYNECOLOGIE

MENOPAUSE 1: le rouge et le noir

la ménopause est une situation difficile, à un âge où beaucoup de questions se posent, avec un important bouleversement hormonal, une modification de la libido et le plus souvent le départ des enfants (nid vide).

Nous nous proposons d’envisager les différents scenarios, afin d’avoir une réponse plus précise, collant aux symptômes de la femme, notamment dans les cas, où même le traitement hormonal substitutif (THS) laisse filer des symptômes                                              . Nos remèdes n’ayant aucune action hormonale, ils ne présentent aucune contrindication en cas de cancer hormono-dépendant, restant même la seule solution dans ce cas.

statut hormonal en trois étapes

la pré-ménopause

Elle peut commencer à partir de 45 ans, certains cycles sont anovulatoires, donc œstrogènes présents, et pas de progestérone pour compenser (la progestérone est sécrétée à partir du 16 ème jour du cycle, deux jours après l’ovulation, condition pour la formation du corps jaune). C’est à ce moment que peuvent commencer tension mammaire, ventre gonflé, prise de poids prémenstruelle de 1 kilo ou plus, et irritabilité surtout les trois derniers jours du cycles. Les règles peuvent devenir plus abondantes et plus longues (l’hyperfolliculinie engendre une épaisseur plus grande de la muqueuse utérine, d’où le terme d’hypertrophie).

La solution du gynécologue, substituer la carence par dix jours d’un progestatif de synthèse. La solution de l’Homéopathe: une dose globules de Folliculinum 9 CH au 20 ème jour du cycle (plus efficace, plus rapide, sans effets secondaires et moins cher!)

la péri ménopause

les choses se gâtent, car les œstrogènes chutent également, et souvent un an ou deux avant l’arrêt des règles. Les cycles deviennent irréguliers, pouvant alterner cycles courts et cycles longs, avec des règles variables, des tensions mammaires et des bouffées de chaleur qui alternent. C’est le moment le plus compliqué à régler, car toute intervention hormonale aggrave la situation (saignements intempestifs ou spottings). C’est la période de l’ovaire « accordéon » qui dont la partition est imprévisible. Une solution simple et efficace, prendre une gélule de Gattilier (ou deux) du cinquième au vingt quatrième jour du cycle. Cette plante a une action progestérone like,dopamine et sérotonine stimulante, donc améliorant la libido, l’irritabilité et les tensions mammaires.

la ménopause

la définition: arrêt des écoulements, c’est à dire des règles, au moins depuis six mois. C’est à ce moment que l’on peut envisager un dosage hormonal de confirmation. L’estradiol, hormone principale, est très basse ou indosable, et en corollaire la FSH (hormone hypophysaire qui stimule les ovaires pour les réveiller et qui est responsable des bouffées de chaleur) est elle, au taquet.

Or ce qui m’a toujours étonné, c’est qu’avec le même dosage hormonal, commun à toutes les ménopauses, les symptômes varient d’une femme à l’autre, décrivant des tableaux parfois radicalement opposés: nous allons commencer dans ce chapitre à décrire les deux plus extrêmes que nous avons surnommés le rouge et le noir, c’est à dire Lachésis et Sépia

la ménopause rouge de type  Lachésis:

 

Lachésis est un venin du serpent minute, qui vit dans les régimes de basanes et particulièrement dangereux (certaines espèces) Sa toxicologie a facilité le travail de mes prédécesseurs.

Pourquoi rouge? ce sont des femme s qui selon les tempéraments d’Hippocrate appartiennent à la lignée des sanguins. Elles ont toujours été dynamiques, débordantes d’énergie et d’œstrogènes, au sexappeal à peine voilé, à la poitrine développée, ayant eu une vie amoureuse bien remplie. Elles sont assez excitables et assez loquaces, et avec une particularité: elles ne supportent pas les cols serrés…

Cette caractéristique, qui témoigne d’une légère claustrophobie latente, fruit d’une congestion circulatoire  prémenstruelle de la thyroïde, va s’exacerber pour devenir caricaturale à l’arrêt des règles.

Madame Lachésis se présente en plein hiver avec un col en V, descendant aussi bas que la décence le permet…Si on lui pose la question, elle avoue qu’elle supporte de moins en moins d’être serrée, et que elle est même obligée de dé serrer son soutien gorge le plus possible, pour l’enlever dès qu’elle arrive chez elle, revêtant au plus vite des tenues amples et peu serrées, car le même phénomène se produit à la ceinture, et même aux chevilles ne supportant pas une chaussette. D’ailleurs, lorsque j’enseignais, je répétais que dame Lachesis est comme les hirondelles, « elle annonce le printemps, car c’est la première qui enlève les collants et qui arrive en sandales dès les premiers beaux jours », car la chaleur, elle en a horreur…Sous toutes ses formes, car sinon elle étouffe. J’en ai connu qui prenait la douche avec la fenêtre ouverte en hiver, car la vapeur d’eau chaude les oppressait. Idem la nuit, elle dort la fenêtre ouverte. Pauvre mari qui lui, n’a pas son thermostat déréglé et qui rêve parfois d’une Quechua pour se réchauffer…

Les bouffées de chaleur sont intenses, antérieures, avec des suées concentrées entre les seins accompagnés d’oppression, de serrement au cœur et d’un besoin, non de se découvrir, mais de se dé serrer. Celles ci sont aggravées dans les situations confinées, et après un verre d’alcool (un vieux porto est un bon test de ménopause!) ce dont elles apprécie de plus en plus le goût…La ménopause peut amener à boire plus d’alcool,ce qui est courant, mais particulièrement sur ce terrain luétique. Celui ci étant vaso dilatateur, l’effet ne se fait pas attendre. Si elle exagère, elle devient rouge, hyper loquace, un tantinet agressive et prête à déclencher un conflit. Encore plus facilement si le mari revient avec un cheveu blond sur son veston, car la jalousie et la méfiance étant ses deuxièmes points forts, elle ne tardera pas de sauter au cou de son cher conjoint. D’autant qu’elle se pose déjà depuis quelques années la question de la diminution possible de sa capacité de séduction. Elle ne veut pas renoncer à l’amour, autant et même d’avantage sexuel qu’affectif. Ce n’est pas par hasard si c’est elle qui a les plus forts taux de FSH, et les plus fortes bouffées de chaleur. Habituée à de forts taux hormonaux, plus dure est la chute…

Son sommeil est difficile à venir, et rien ne doit gêner son nez ou sa bouche sous peine d’étouffement. Elle se réveille justement déjà par manque d’air dans son premier sommeil, avec ensuite des rêves agités, avec le plus souvent l’apparition de morts de sa famille (rêves funèbres) de situations sanglantes (du sang qui ne s’écoule plus par en bas et qui lui congestionne la tête), ou de serpent, venant le plus souvent l’enserrer (tiens tiens…)

Le réveil est difficile, avec la tête lourde, une céphalée migraineuse à gauche, et une tendance dépressive marquée qui contraste avec l’excitation volubile de la veille au soir. Car, petit conseil, madame Lachésis a besoin de parler le soir et malheur à vous si vous lui dites « tais toi! »car vous aurez immédiatement ses deux mains autour de votre cou ou une potiche qui vole!

Parlons de latéralité: pour Lachésis tout se passe à gauche, car les deux organes les plus congestionnés sont son ovaire gauche et sa sphère cardiaque. Thuya a aussi une latéralité gauche, mais à cause de la colite gauche qui enflamme toute la zone.

Vous aurez deviné qu’elle n’aime pas le soleil sur la tête, les pièces chaudes et fermées, et toutes les situations sans écoulement: une logorrhée, une diarrhée, une épistaxis, un flux hémorroïdaire peuvent être salutaires, venant remplacer ce flux menstruel tant salvateur en pré ménopause.

Bien sûr j’ai dressé un tableau caricatural, fruit de centaines d’interrogatoires féminins. Si vous avez ds suées, des palpitations, envie de vous dé serrer pendant les bouffées, et que vous ne supportez pas un col, vous pouvez prendre Lachésis 7 CH quatre granules trois ou quatre fois par vingt quatre heures.

Si vous ne supportez pas ce que l’on a dit plus haut, ni votre mari, ni en particulier son pied sur votre jambe la nuit, si vous ne vous supportez même plus vous même, alors prenez Lachésis 9 CH deux ou trois fois par 24 heures. Si vous sentez que la dive bouteille commence à vous enchanter, que vous ne supportez plus la contradiction, que vous devenez un brin persécutée,  que la jalousie et la libido vous travaillent au corps, et que vous êtes obligée de dormir nue sur le lit, la fenêtre ouverte, alors prenez Lachésis 15 CH quatre granules deux fois par jour…

A noter qu’en péri ménopause, quand il y a encore de la tension mammaire, Lachésis peut faire  revenir les règles de temps en temps et c’est alors le meilleur traitement, associé ou non au Gattilier.

Dans la ménopause rouge, nous aurions pu également citer Sulfur, très sanguine également, gourmande de sucre et de féculents (surtout le pain et les viennoiseries). Ses bouffées sont plus simples, intenses, mais le plus souvent sans sueurs, obligeant à se découvrir, à sortir les pieds du lit la nuit pour se rafraichir, mais sans l’oppression, les palpitations et le besoin de se dé serrer.

Chose facile à comprendre: ses bouffées et la chaleur objective du corps sont entretenues par les calories superflues qu’elle ingurgite à tort.

Sulfur 5 CH plusieurs fois par vingt quatre heures (à relativiser avec le médecin en cas de maladie de peau). A noter également que Sulfur rend plus courageuse pour le régime et les tâches ménagères, et du coup on est plus obligée de remettre au lendemain.

la ménopause noire de type Sépia:

 

la souche est de l’encre de seiche, qui de fait crache son encre quand elle a peur, elle ne voit plus ainsi l’agresseur…

Ce sont des femmes diamétralement opposées, car si l’une est sanguine, l’autre est bilieuse, et même lymphatico bilieuse lorsque ses jambes sont infiltrées d’eau jusqu’au mollet. Si la première a toujours été demandeuse, dame Sépia est plutôt une calme…Très tôt son syndrome prémenstruel des trois derniers jours l’a plongée dans la mélancolie, avec un désir des solitude et de tranquillité absolue (souvent pour pleurer seule). Dès la quarantaine, surtout si elle a eu des grossesses multiples, ses surrénales sont épuisées, pauvres en DHEA, et ses ovaires peinent à faire de la progestérone. Nous l’utilisons également, pour la même raison en début de grossesse, lorsque les nausées et la fatigue sont intenses et que le placenta n’a pas encore pris le relais du corps jaune (à douze semaines).

Si dame Lachésis est en ébullition comme un volcan, et alterne sensation de caleur, aussi bien avant qu’après les bouffées, dame Sépia, elle, baigne dans la lymphe froide et aura seulement un peu plus chaud au moment des bouffées jusqu’à ce qu’elle retourne à sa frilosité. Madame Sépia a les pieds gelés (avec insomnie corollaire) a le dos gelé et les fesses gelées (normal). Elle a des bouffées antérieures montant du pubis, et lui donnant des couleurs et quelques suées. Elle se découvre (pas longtemps…) mais ne se dé serre pas, même si elle peut présenter une intolérance passagère au col, par hypothyroïdie. Elle se présente tristement, les jambes croisées (il y a une raison), habillée en feuille morte ou en noir jusqu’aux pieds, accessoires compris.

Les œstrogènes étant en eux mêmes anti dépresseurs ( en potentialisant les récepteurs de la sérotonine) quoi d’étonnant à ce que cette femme déjà à tendance dépressive lors d’un bon équilibre hormonal, soit la plus déprimée de toutes, quand elle n’a plus d’hormones féminisantes.

Dès le matin, elle se lève, voyant tout en noir, fatiguée ou épuisée, rêvant de repos de congés ou de retraite, se demandant avec effroi où trouver force de faire face à ses devoirs. Car justement c’est une femme de devoir et de raison, ayant souvent fait passer les autres avant elle-même et surtout ses enfants, mettant le plus souvent sa sensualité et sa sexualité en bandoulière, préférant des métiers où elle peut se dévouer et s’offrir aux autres, car elle se sent souvent coupable. Coupable de vivre (suite à de graves traumatisme de la jeunesse, ou à cause de la répression d’un Oédipe qu’elle n’a jamais conscientisé), coupable de peiner pour s’occuper de ses enfants (« je devrais les aimer, donc je suis une mauvaise mère »),  de son mari (« je suis une mauvaise épouse ») et encore plus de ses parents vieillissants (« je suis une mauvaise fille »). S’enfonçant dans la culpabilité, elle ressent de plus en plus le désir de se punir, le plus facile étant de refuser le plaisir (et le plaisir sexuel, mais c’est aussi punir le couple…) . Elle traverse des périodes sombres, où elle cherche des solutions ultimes.

Chez cette femme nous avions coutume de dire « tout tombe », et c’est le remède de « la ptose ». Le moral tombe, les seins se vident, l’estomac et l’intestin descendent, responsables respectivement des nausées à jeun et de la stase colique avec constipation, la vessie descend et l’utérus aussi…Ce dernier étant attaché au sacrum, cela la rend encore plus cambrée et aggrave l’arthrose lombosacrée, prémenstruelle en pré ménopause, plus douloureuse encore au matin, aggravée par la constipation opiniâtre.

Bien sûr c’est aussi une caricature, une image d’Épinal, et vous pouvez avoir besoin de Sépia 5 ou 7 CH sans attendre d’avoir l’estomac dans les talons… IL vous suffit de moins bien dormir, d’être plus irritable envers vous-même et envers les autres, de somnoler après les repas, d’avoir du mal à assumer votre quotidien depuis l’arrêt des règles et d’avoir des bouffées suivie s de froid. Plus le tableau se complète et plus vous pouvez monter la dilution. Sépia 9 CH si vous commencez à déprimer, et même des doses de Sépia  15 CH hebdomadaires, jumelées à une prise de Sépia 5 CH plusieurs fois par 24 heures si vous associez dépression, frilosité, absence voire dégout pour la sexualité

Je rappelle que ces deux femmes,  Sépia et Lachésis, ont strictement les mêmes analyses hormonales, mais elles n’interprètent pas la situation de la même manière, loin s’en faut. Il s’agit d’un équilibre différent au niveau des autres glandes endocrines, de l’état et du nombre de récepteurs hormonaux, et surtout de l’équilibre émotionnel et de celui des neuro médiateurs cérébraux.

La ménopause c’est le résumé de tous les cycles, des grossesses, des allaitements, de tous les vécus, et finalement d’une vie de femme.

quid du traitement hormonal substitutif (THS)?

Je ne suis ni pour ni contre. Certaines femmes en tirent un grand bénéfice,  à d’autres il est interdit, et d’autres encore n’en ont absolument pas besoin, sous peine d’aggraver les réserves d’hormones dans les graisses hormono dépendantes ( la ménopause rose de type Pulsatilla)

Nous étudierons les indications et les implications du THS dans un chapitre ultérieur.

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PRÉPARER L’ ACCOUCHEMENT PAR UN TRAITEMENT HOMEOPATHIQUE

 

De plus en plus, les femmes qui vont accoucher nous demandent de les préparer a cette épreuve. Elles ont toutes entendu parler de traitements naturels qui faciliteraient la dilatation du col et le travail en général. Bien plus, les sages-femmes, loin de les décourager, les autorisent la plupart du temps à suivre ouvertement leur traitement, bien conscientes de la simplification de leur propre travail d’accompagnement, et de la diminution des complications lors de l’épreuve de travail.

 un debut de consensus dans les maternités

A l’heure actuelle, de nombreuses maternités s’ouvrent officiellement à cette préparation, voire la recommandent. Dans certaines cliniques, les parturientes reçoivent même une feuille comportant l’essentiel du traitement type que nous conseillons depuis plus de trente-cinq ans.

Ces derniers temps, de très nombreux articles ont été écrits dans la presse grand public (revues féminines et revues pour jeunes parents) avec des notions justes et aussi des notions curieuses, comme par exemple : si l’on donne cinq granules quotidiens d’ACTAEA RACEMOSA 9CH dans les deux semaines qui précèdent l’accouchement, on peut obtenir un spasme du col. C’est le problème d’une recette appliquée en dehors du principe de similitude par quelqu’un d’inexpérimenté. En effet, un homéopathe s’abstient en l’occurrence d’un traitement préventif en l’absence de symptômes. Nous avons souvent prescrit ce médicament merveilleux d’efficacité, sans aggravation médicamenteuse, parfois dès les premiers mois de la grossesse, mais uniquement en présence du psychisme particulier de spasmophile et surtout « de la peur phobique de l’accouchement prochain ».

Nous allons donc faire le point en toute simplicité sur les notions qui peuvent être appliquées avec certitude.

 un dernier mois de  grossesse, riche de signes

D’abord il faut évoquer le dernier mois de la grossesse qui est riche d’enseignements sur l’issue possible et l’anamnèse du déroulement de l’accouchement précédent s’il existe.

ll faut également bien dissocier le traitement commun à tous les accouchements, car il s’agit d’un événement d’une semblable violence dans tous les cas, inscrit douloureusement dans l’inconscient collectif féminin (« tu engendreras dans la douleur »), et le traitement plus personnel qui vient se rajouter au précédent, qui résulte de l’observation du terrain psychique et physiologique de la patiente.

Il ne faut considérer dans ce chapitre que les remèdes dont l’action a un sens au moment T, car si une femme SULFUR a toutes les chances de faire un accouchement eutocique, avec la quasi euphorie de son tempérament, il n’est pas sûr qu’une dose de SULFUR 9CH lui soit d’une grande utilité, malgré « l’action centrifuge du remède ». Il n’en serait pas de même d’une dose d’AESCULUS 9CH si elle était indiquée à ce moment précis (congestion veineuse hémorroïdaire).

le bon eugenisme, pour un bébé plus calme

Nous allons éluder également le problème de l’eugénisme, dont le nom lui-même peut engendrer un rejet et qui a pour but non de supprimer le malade (mauvais eugénisme) mais de manière plus louable, d’atténuer non pas le génotype mais son expression dans le phénotype, pour obtenir un nourrisson plus sain, plus calme et qui s’élève plus facilement (bon eugénisme). Il a été enseigné par nos maîtres et il consistait à prescrire tous les nosodes systématiquement en 9CH en les alternant tous les dimanches pendant plusieurs mois. Il est évident que si l’on doit remonter à Adam et Ève, le péché originel diathésique est probablement très lourd, mais nous n’avons qu’une courte vue sur la pathologie des deux lignées en ne remontant souvent qu’à deux générations. Nous devons donc nous contenter des certitudes qui pourraient avoir un retentissement sur le terrain immunitaire de l’enfant, par exemple une manifestation asthmatique forte dans la lignée paternelle qui appelle obligatoirement une dose de PSORINUM 9CH, voire mieux 30CH tous les mois, ou une tuberculose vraie dans la lignée maternelle qui, pour les mêmes raisons, appelle une prescription de TUBERCULINUM. Nous pouvons affirmer avec une quasi-certitude que le terrain d’une femme bouge beaucoup dans les premiers mois de la grossesse dans le sens des éliminations centrifuges et qu’en suivant de près les symptômes présentés, on fait le meilleur traitement eugénique qui soit. Nous nous souvenons d’une femme manifestement mercurienne tant elle était agitée qui, lors de son interrogatoire, avait simplement omis de mentionner deux sinusites et trois angines traitées pendant les trois premiers mois de la grossesse par des traitements antibiotiques et qui de surcroît avait des envies (de grossesse…) de thon en boîte (authentique témoignage de semblables qui s’attirent). La prescription de MERCURIUS amena une fin de grossesse sereine et asymptomatique et la mise au monde d’un enfant nettement plus calme que le précédent. A ce sujet, nous ne pouvons parler des autres métaux lourds comme PLUMBUM et ALUMINA sans « alourdir » cet exposé, mais ce thème des métaux lourds pendant les périodes de procréation prendra de plus en plus d’importance dans les années à venir. Nombreuses sont les anciennes fumeuses repenties qui ont eu recours à TABACUM pour leur nausées et la vagotonie du premier trimestre. Nous rappelons une fois de plus que nous n’avons que des cas particuliers à traiter et que toute généralisation est inenvisageable.

 un accouchement plus naturel

Cette recherche d’un accouchement le plus naturel et le moins médicalisé possible, devrait logiquement exclure la pratique de l’anesthésie péridurale. Il n’en est rien, car celle-ci est passée dans les us et coutumes tant pour les parturientes que pour le personnel médical. De la même manière, l’épisiotomie large se généralise, sans doute facilitée par la première, et dans le but « de réduire le temps de passage de la tête pour l’enfant ».

 

Avec toutes remarques citées en préambule, nous allons traiter successivement :

– le dernier mois de grossesse ;

– le traitement commun ;

– quelques individualisations ;

– le post-partum.

Nous n’envisagerons dans cet essai d’optimisation du travail que le traitement des dystocies mineures, en excluant les grandes pathologies obstétricales, en particulier les dystocies du col par non descente de la tête ou les anomalies de présentation qui relèvent de la seule technique obstétricale ou plus souvent chirurgicale

 

LE DERNIER MOIS DE GROSSESSE

 

Nous devons absolument à ce stade dépister les grandes déminéralisations par la sémiologie et, si nécessaire, la biologie :

les carences minérales et les supplémentations

– surtout en CALCIUM, dont la déplétion en tant que facteur de la coagulation pourrait favoriser des hémorragies de la délivrance et une semi-tétanie au moment de celle-ci (la femme est complètement blanche et gelée et ses jambes tremblent dans les étriers). Chez nos patientes CALCAREA, la prescription d’une dose de CALCAREA CARBONICA 9CH trois fois par mois peut complètement changer l’évolution du travail. En cas d’hypocalcémie avérée, penser à donner un peu de calcium effervescent avant le départ, car le calcium chute avec le stress… (voir GELSEMIUM qui le complète avantageusement).  Les autres CALCAREA peuvent également être concernés, selon les modalités et en particulier CALCAREA PHOSPHORICA, en fonction de la sémiologie et du terrain tuberculinique.

Le FER a une grande importance du fait de la déplétion engendrée par l’hématopoïèse du bébé. Les signes de FERRUM sont simples, avec l’anesthésie, l’essoufflement, les palpitations et l’anxiété surtout nocturne, la fausse pléthore avec l’alternance de rougeur et de pâleur, les rashs au visage (la femme « pique son fard »), et souvent les céphalées dites de vasodilatation de sauvegarde. Une nourriture riche en aliments chargés en fer, associés à une prise d’agrumes (rôle de l’acidification et de la vitamine C qui facilite l’assimilation), avec si possible exclusion du thé noir, avec la prise quotidienne de trois granules de FERRUM METAL 7CH suffit dans la majorité des cas. Dans les anémies confirmées, surtout en début de grossesse ou en cas de grossesses répétées, il faut suivre la biologie et faire une supplémentation à dose pondérale modérée et de préférence de manière discontinue en association avec les mesures précédentes. Il faut prendre garde à l’apport de CUIVRE pour faciliter l’assimilation du FER, qui ne peut se faire qu’à dose oligo-élémentaire et en début de grossesse. En effet, le taux sanguin de cuivre monte progressivement tout au long de la gestation (influence hormonale) pour s’accumuler, entre autre, dans le foie du bébé et l’aider à lutter contre l’anémie physiologique des premiers mois par carence d’apport. Par contre, un taux excessif de CUIVRE serait responsable, d’après des auteurs américains1, des accidents de fin de grossesse comme l’excitabilité neuromusculaire, les crampes et contractions utérines, l’hypertension artérielle, l’éclampsie (CUPRUM ARSENICOSUM), ou même la gravissime névrose puerpérale. Ceci rejoint bien sûr en homéopathie, les pathogénésies des grandes spasmophiles hypersensibles comme CUPRUM et ACTAEA RACEMOSA. Un médecin doit de nos jours se méfier des compléments nutritionnels « grossesse » contenant du cuivre. Leur utilisation continue peut devenir dangereuse. Par contre, une supplémentation en ZINC à 15mg/jour (100 % des ajr) est vivement recommandée en association avec d’autres oligoéléments et vitamines favorables justement pour régulariser le taux de cuivre circulant et au passage des autres métaux lourds toxiques.

 la fin de grossesse

Pour les malaises de fin de grossesse, nous utilisons couramment quelques auxiliaires précieux comme :

CAULOPHYLLUM EN 4CH, pour soulager les tiraillements ligamentaires ainsi que les douleurs provenant de la maturation du col et irradiant horizontalement vers les aines (attention aux hautes dilutions comme 9CH ou 15CH qui, utilisées pendant l’accouchement favorisent l’ouverture du col) ;

ARNICA pour la fatigue musculaire générale engendrée par le surcroît pondéral et de manière plus précise sur les courbatures lombaires et les courbatures utérines (l’utérus est un muscle) en parties liées aux agréables mais répétés microtraumatismes des petits pieds… Tous les points d’appui du corps pendant la nuit sont endoloris, l’appui profond sur les muscles abdominaux et utérins est très douloureux. Les hématomes faciles et particulièrement sensibles au toucher, comme certaines varices également, complètent le tableau. On peut escompter d’une prescription  d’ARNICA 4CH, deux ou trois prises par vingt-quatre heures, qu’elle enlève la sensation de « poids » et de lassitude physique et morale (facilitée par le poids des autres tâches de la femme avec sa maison et ses autres enfants), qu’elle facilite la paix intérieure et le repos nocturne, qu’elle diminue le risque hémorragique et infectieux du post-partum. Sa prescription est reprise au jour J à cet effet. ARNICA est volontiers associé aux vitamines P et C ou du bourgeon de cassis en 1DH .

RUTA GRAVEOLENS pour les douleurs de distension ligamentaire que subissent la symphyse pubienne, les sacro-iliaques, la sacro-coccygienne, les ligaments para-vertébraux lombaires… Il peut lui être associé son complémentaire minéral NATRUM CARBONICUM, notamment pour les sacro-iliaques, les chevilles et la voûte plantaire, avec son aggravation particulièrement précieuse pour une femme enceinte par les fortes chaleurs de l’été ; même posologie que pour ARNICA .

HELONIAS représente à lui tout seul la fatigue dorso-lombaire et abdominale d’une femme qui n’en peut plus et qui voudrait être rapidement soulagée par l’accouchement. On lui connaît des signes plus particulièrement gynécologiques comme des leucorrhées qui peuvent être un terrain propice à des mycoses, des douleurs lombo-rénales avec ou sans albuminurie et un psychisme oscillant entre IGNATIA et SEPIA, tous symptômes qui lui ont valu le surnom de SEPIA de fin de grossesse. Il est volontiers donné en doses-globules en 9CH trois fois par mois pendant le dernier trimestre si les signes l’appellent.

« l’angoisse de l’accouchement prochain »

Il faut bien se limiter aux remèdes des problèmes spécifiques de la femme enceinte, et nous terminerons en citant les remèdes d’angoisse de l’accouchement prochain, avec naturellement une insomnie d’endormissement ;

ACTAEA RACEMOSA : cinéma catastrophe par rapport à l’issue de la grossesse (enfant difforme ou mort-né, décès de la parturiente, du gynécologue, incendie de la clinique, accident de voiture pendant le transfert à la clinique…),  le tout, sous-tendu par une spasmophilie cérébrale hypomagnésienne, une hyperfolliculinie relative, un probable excès de cuivre, avec des spasmes utérins à la clef, et une contracture spasmodique de l’hémicorps gauche, avec sciatalgie, précordialgie ou migraine occipito-frontale typique du remède. Dans ce cas, la prescription de ACTAEA RACEMOSA 9CH ou 15CH, trois granules le soir au coucher, est particulièrement légitime, efficace et sans danger le moment venu ;

IGNATIA : remède de névrose d’angoisse réactionnelle par excellence, il s’adapte très bien à ces personnalités hypersensibles et un peu précieuses qui se seront déjà fait remarquer dès le début de la grossesse par les nausées caractéristiques, l’angoisse de perdre le bébé au premier trimestre et une hypersensibilité anxieuse à toutes les histoires d’accouchement fâcheux que leurs amies bien intentionnées ne manquent pas de leur raconter au dernier moment, à moins qu’un fait divers proche d’elles-mêmes ne vienne malencontreusement nourrir leur imaginaire chagrin.

Même posologie que le précédent.

GELSEMIUM : remède de névrose phobique avec peur de l’inconnu et inhibition des facultés physiques et psychiques : 9CH en doses-globules tous les dix jours ou mieux à la demande, à distance de l’accouchement ou même pendant le travail (« laissez-moi dormir, je ne peux plus pousser, je veux dormir, ou mieux, je reviendrai demain… »).

Tous les remèdes de stress peuvent trouver leur indication selon le terrain. THUYA ou les métaux luétiques comme ARGENTUM NITRICUM, AURUM, ou MERCURIUS principalement.

 aider au déclenchement

Pour les accouchements qui tardent à se déclencher, on peut prescrire ANTEHYPOPHYSE 9CH ou mieux depuis peu PROSTAGLANDINE E2 9CH, une dose-suppositoire toutes les douze heures jusqu’à obtention du résultat, en prévoyant d’y associer IGNATIA qui est capable de suspendre ses sécrétions neuroendocriniennes à la suite d’une émotion : une dose-globule en 9CH si l’émotion est connue ou en 15CH si elle est plus inconsciente.

 

LE TRAITEMENT COMMUN      

 

Les symptômes les plus forts étant communs à tous les accouchements, nous avons pris comme traitement de préparation la prescription suivante, avec comme résultat une plus grande fréquence d’accouchements eutociques :

ACTAEA RACEMOSA 9CH : une dose-globules dès le début du travail (une contraction toutes les vingt minutes) lorsque la femme se met en route vers la maternité. À ce stade, nous attendons du remède qu’il apporte une relaxation utérine en l’isolant des influences neurovégétatives (« peur de l’accouchement prochain » vécue dans sa forme majeure comme un affolement de tout l’être et non comme une simple peur) et en neutralisant de ce fait la spasmophilie utérine inutile et générant des petites contractions hachées, douloureuses et inefficaces. La première dose filtre ce que l’on appelle communément le « faux travail », laissant passer les vraies contractions qui deviennent plus rythmées et plus efficaces. Une deuxième dose est amenée en réserve et que l’on utilisera environ deux heures après pour le cas où « la dilatation n’avance pas ». En général, le travail repart rapidement. Dans le cas contraire, on a affaire à un problème plus sérieux de dystocie du col qui peut encore céder à CAULOPHYLLUM 15CH cinq granules toutes les demi-heures répétées trois fois ; après quoi il faut envisager une solution obstétricale spécifique.

ARNICA 9CH : une dose-globules à dilatation complète juste avant d’aller en salle de travail, et une autre quelques heures après l’accouchement lorsque la femme est reconduite à sa chambre. Nous attendons classiquement de la première dose qu’elle procure à la mère et à l’enfant un accouchement moins traumatisant avec moins de pétéchies, d’hématomes, de risques hémorragiques et infectieux. La deuxième dose, pouvant passer dans le lait maternel, peut réparer les petites suffusions hémorragiques du nouveau-né dans les accouchements assez laborieux, notamment le céphalhématome et, dans tous les cas, effacera de la mémoire des deux participants le « vécu traumatisant », avec comme bénéfice immédiat et sensible une récupération rapide de la maman, surtout au niveau musculaire. En cas d’intervention, nous avons en plus une atténuation du prévisible choc opératoire (et psychologique en cas d’annonce brutale pour les césariennes itératives), ainsi qu’une optimisation de la cicatrisation avec moins d’incidents de paroi.

CHAMOMILLA MATRICARIA : la bien nommée pour cet usage peut atténuer l’hypersensibilité sensorielle et douloureuse avec en corollaire de l’irritabilité, en baissant le potentiomètre de l’intensité douloureuse probablement au niveau de la substance réticulée. Il ne s’agit pas d’un accouchement sans douleur à proprement parler mais d’une atténuation du vécu de celle-ci : quatre granules en 4CH répétés deux ou trois fois par heure selon les résultats obtenus pendant la première partie du travail et pour celles qui veulent se risquer à un accouchement sans péridurale jusqu’au dernier moment.

 

QUELQUES INDIVIDUALISATIONS  

 

Sans pouvoir envisager tous les cas de figure qu’un praticien ou une sage-femme rompus à la pratique de l’homéopathie pourraient adapter à chaque cas selon l’individualisation des symptômes, nous pouvons mentionner quelques remèdes constamment utiles et souvent prévisibles dès avant l’accouchement lors de la dernière visite prénatale.

– La femme NUX VOMICA, femme bilio-sanguine, éminemment responsable et autoritaire, occupant souvent un poste à responsabilités, ne peut accoucher qu’en fonction de ce tempérament NUX VOMICA.

Ce remède lui a déjà été donné pendant sa grossesse à différents moments et à différentes dilutions pour ses maux d’estomac et son pyrosis, pour son insomnie de milieu de nuit, pour ses crampes et son lumbago à renforcement matinal compété parfois d’une vraie sciatique et pour sa culpabilité d’être déchirée entre une vie professionnelle intense et le vécu de sa grossesse qu’elle a l’impression de négliger (l’une d’elles m’a raconté un cauchemar où elle se savait dans un train qui allait trop vite et où elle se voyait écraser son bébé accroché sur des rails !). Elle appréhende de perdre son poste à son retour de congé de maternité, ou tout au moins des responsabilités, ce qu’elle ne peut envisager sans regret. Elle ne prend que le congé réglementaire minimum, voulant mener rondement cette affaire en songeant dès le premier trimestre à toutes les solutions de garde et de crèche possibles, ayant planifié le parcours de l’enfant jusqu’à son entrée en maternelle. Elle agit dans l’efficacité la volonté tendue vers un but : l’expulsion… Pendant son effort de poussée, violent et rapide avec de violents maux de reins et des spasmes rectaux et vésicaux simultanés et annonciateurs, il ne faut pas la contrarier ou l’irriter sous peine de la tétaniser en particulier autour de son bébé dont la progression est ainsi stoppée. Quand elle reprend, dans un jaillissement hémorroïdaire, celle-ci est toujours trop rapide pour le bébé qui sort à la manière d’un bouchon de champagne ²… Pour éviter les excès de ce tempérament adrénergique, y compris pour l’enfant, NUX VOMICA 4CH peut être prescrit comme CHAMOMILLA précédemment, ou même , en alternance avec lui si l’on prévoit un accouchement trés tonique et hyperalgique.

– La femme KALIUM CARBONICUM est une femme carbonique qui entre dans la sycose par une chute du potassium intracellulaire à la suite d’une période d’hypercorticisme et elle souffre d’une faiblesse musculaire généralisée plus intense au niveau dorso-lombaire, qui l’oblige à marcher le dos cambré en arrière soutenu par ses poings au creux des reins. Il arrive qu’elle fasse son travail en marchant pour limiter les douleurs de « l’accouchement par les reins ». La prescription est comparable à celle de CALCAREA CARBONICA, en n’omettant pas une supplémentation en potassium si le cas l’exige.

Il faut également se souvenir que pour toutes les femmes présentant une faiblesse ligamentaire (RUTA, SYMPHTUM, NATRUM CARBONICUM, SEPIA) le port d’une ceinture de grossesse est justifié, efficace et apprécié.

– La femme BELLADONNA présente elle aussi un mode réactionnel typique qui permet de la citer dans les formes cliniques courantes. Cette femme lymphatico-sanguine, sympathico-tonique, va manifester une grande énergie dans son travail avec des contractions fortes et efficaces, mais aussi des douleurs excessives, une montée de la pression sanguine et une accélération du pouls fœtal. BELLADONNA 5CH, quatre granules deux ou trois fois par heure, associé ou non à CHAMOMILLA, calmeront la situation.

 

LE POST-PARTUM      

 

l’épisiotomie

– Dans tous les cas où il y a coupure chirurgicale, en particulier au niveau vaginal qui est une zone particulièrement investie sur le plan sensoriel et émotionnel, il convient de minimiser le vécu douloureux pendant la cicatrisation. Le maître remède est l’occurrence STAPHYSAGRIA qui doit être utilisé en 4CH pour cette indication, quatre granules deux à trois fois par vingt-quatre heures, avantageusement associé à HYPERICUM 4CH et CALENDULA de la TM à la 4CH, même posologie. La cicatrisation devient très rapide, de bonne qualité et indolore. On évite en particulier l’installation de petits névromes dans la cicatrice vaginale qui peuvent gêner la sexualité pendant parfois des années, surtout sur un terrain sycosé à tendance obsessionnelle. On pourra faire un apport local de vitamines et d’oligo-éléments cicatrisants par du jus de citron, utilisé pur ou dilué. Les mêmes conseils s’appliquent à une césarienne (STAPHYSAGRIA traitant en outre la frustration ressentie de ne pas avoir accouché par voie basse et certains comportements de compensation qui peuvent en découler).

– Quand la vulve est œdématiée et tuméfiée, on peut ajouter pendant trois jours environ APIS 4CH à la même posologie en ayant toujours sous la main ARNICA, déjà prescrit en dose quelques heures après l’accouchement.

l’allaitement

– Pour faciliter l’allaitement, on peut, au traditionnel GALACTOGIL en granulés trois cuillers à soupe par jour, ajouter PULSATILLA 4CH et LAC CANINUM 4CH, quatre granules deux à trois fois par jour. (on rappelle que le persil, les fraises et les asperges freinent la montée de lait) Ces deux remèdes favorisent l’allaitement en basse dilution et le freinent à partir de 15CH. La montée de lait peut être inflammatoire au niveau mammaire et même au niveau général, avec montée de fièvre. Il faut donner BELLADONNA 4CH, quatre granules quatre fois par jour et si besoin une dose de BELLADONNA 9CH. S’il y a induration globale avec soulagement par le froid local on peut associer APIS 4CH et BRYONIA 4CH, même posologie que le précédent en passant outre la modalité générale de la soif, surtout si elle est moyenne. S’il y a engorgement avec aspect pierreux et avec apparition d’adénopathies sous-axillaires, il faut préférer PHYTOLACCA 4CH, sans méconnaître la possibilité d’un début d’abcès. Les tranchées utérines pendant la tétée bénéficient de CHAMOMILLA 4CH.

On peut freiner l’allaitement avec une privation liquidienne, des infusions de queues de persil, et LAC CANINUM 30 CH et PULSATILLA 30 CH en dose globules (ce dernier remède « coupe le cordon »). Consulter votre médecin homéopathe dans ce cas précis *.

le Baby Blues

– Trois jours après l’accouchement, la plupart des femmes subissent avec la chute rapide du taux hormonal, une mini-dépression, semblable à celle du syndrome prémenstruel, mais plus intense et inattendue au milieu de la joie de la naissance, que l’on peut aisément estomper avec une dose-globules de SEPIA 15CH et plus rarement avec une dose-globules de NATRUM MURIATICUM 15CH, celui-ci étant également hypersensible à la carence hormonale.

l’anémie

– S’il y a eu forte déperdition sanguine au moment de la délivrance, il faut donner une dose-globules de CHINA 9CH, à renouveler trois ou cinq jours après, sans quoi l’allaitement risque d’être précocement tari et la fatigue persistante.

Il y a aussi de rares cas d’atonie utérine, ou la rétraction de l’utérus sur lui même pour faire son hémostase ne se fait pas (involution utérine). La femme, souvent épuisée, et de terrain sapsmophile habituel, garde « l’empreinte » d’une émotion violente dans son petit bassin, qui peut persister plusieurs mois et lui donner des règles hémorragiques et des métrorragies, qui l’amènent à une hémorragie sans fin, non traitable en gynécologie classique, par un traitement hormonal. La suppression de cet « épuisement utérin » se fera par AMBRA GRISEA 15 CH, le seul sauveur en cet état.

 

 pour conclure

Nous avons passé en revue les principaux cas cliniques rencontrés. Les autres cas, plus rares, doivent bénéficier d’une étude plus individuelle. Ces remèdes traditionnels ont pour la plupart une efficacité démontrée depuis plus de deux siècles, avec une innocuité qui l’est tout autant et un coût très modéré. Tous ces arguments doivent maintenir la place de l’homéopathie en tant que médecine générale de première intention, mais non exclusivement, en particulier dans des états aussi sensibles que la maternité et la naissance, et lui valoir une large diffusion au niveau de la population. Elle doit garder son statut de vraie thérapeutique, digne d’une vraie prise en charge au niveau des caisses d’assurance maladie. Nos autorités de tutelle, dans ces périodes économiques difficiles ont intérêt à comprendre qu’il vaut mieux faire de la prévention en amont au niveau des troubles fonctionnels plutôt que d’avoir à assumer un risque plus important, par manque de prévention, une fois les problèmes survenus. Quid du bon sens?

 

 

  1. Drs PFEIFFER et coll
  2. Il s’agit d’une image caricaturée
  3. *Il faut rappeler que depuis 1997, le PARLODEL® a été supprimé aux Etats-Unis (suite à de rares mais gravissimes accidents vasculaires), et qu’en cas de généralisation de cette mesure à l’Europe, il y aurait un certain vide thérapeutique, car les autres inhibiteurs de la prolactine sur le marché peuvent avoir un jour des effets fâcheux et se voir appliquer la loi du risque zéro. À ce propos, faut-il rappeler à nos dirigeants qu’en cas de déremboursement de l’homéopathie et de la phytothérapie, l’état de grossesse qui est pourtant la plus noble fonction de l’humanité, deviendrait un « risque » non pris en charge par la couverture sociale, puisque, au nom du moindre risque tératogène, la plupart des thérapeutiques officielles efficaces et donc toxiques (notions qui leur paraissent indissociables) sont contre-indiquées pendant la grossesse ou pendant la période d’allaitement.

 

 

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